L’Homme s’éloigne du rêve
Je me réveille avec le goût succulent et froid
du combat du jaguar contre le boa.
Transe et sommeil, entre coeur et sexe.
Si l’horizon se confond avec la mer, substance monochrome,
le rêve, lui, dégouline sur le réel.
Il est alors invraisemblable de ne plus savoir délimiter le flux du tangible.
Ce n’est pas le virtuel, au centre infini duquel l’homme est aspiré, le compagnon du réel.
Cette comédie dantesque évince le rêve,
oublié de la nuit comme de la mémoire,
vague film muet projeté par l’iris clos éveillé _ réminiscence andalouse et surréelle.
Lui,
l’Homme s’éloigne du rêve
L’absolu, ce vide métaphysique, versifie,
alors que l’autre, un vite quotidien, dicte.
Le rêve dérange et se débat, indomptable et sybillin, aède vivant, firmament
jour et borgnon
Equilibriste chiaroscuro, schizophrène au cauchemar diurne et au rêve éveillé,
maïeutique inconsciente d’éclosions dans un sommeil que l’on songe ou incantations de chamanes
sous la voûte aurorale.
Le temps de la création originelle et de la création perpétuelle
Suspendu
Entre vétiver et lierre
Unis et accouplés à la puissance du feu primordial.
Photo: Ivy St in PDX – 2017
From left to right: Rogue River OR – 2017, Spirit Tattoo, -Suit of Perfection Technique mixte – 2018, Sunset on Rogue river – 2017
Interstices fragiles,
courbes serpentines dans le labyrinthe prométhéen,
vous étreignez les volutes collées au vent chinook.
Le passage à images crache des insectes sur l’atoll des brumes pacifiques.
Respirez la voix directe qui transporte au vagin des Redwood, le sexe de sève pèguante.
L’altitude vertigineuse et l’ivresse confortable humide et tiède de l’enfance boit la peur de l’Enfer.
L’exigence attise le feu primitif et l’avalanche prend racine, chute dans les signes de l’univers.
J’ai besoin d’obscurité et de silence pour écouter le courage de la mémoire.
“Courage is the virtue of the spirit”
F. L. Wright





